Patrimoine

Pourquoi y a-t-il autant de nouvelles SCPI en 2024 ?

Par Marc Sauvage, le

Tu as peut-être remarqué une avalanche de nouvelles SCPI sur le marché en 2024. Ce n’est pas un hasard. Le marché de la pierre papier traverse une mutation profonde, et comprendre ce qui se passe est essentiel si tu veux investir intelligemment.

Les anciennes SCPI en difficulté

La remontée brutale des taux d’intérêt depuis 2022 a frappé de plein fouet les SCPI historiques. Le mécanisme est simple : quand les taux montent, la valeur des actifs immobiliers baisse. Or, les grandes SCPI anciennes ont acheté la majorité de leurs immeubles pendant la période de taux bas, souvent à des prix élevés.

Résultat : certaines SCPI ont dû réviser la valeur de leurs parts à la baisse. Des baisses de 10%, 15%, parfois plus. Pour un épargnant qui pensait avoir un placement “sûr”, c’est un choc.

En plus de la baisse des parts, le marché secondaire s’est grippé. Beaucoup d’épargnants veulent vendre, mais peu veulent acheter à ces prix. Les files d’attente pour revendre ses parts se sont allongées sur certaines SCPI, parfois à plusieurs mois.

Pourquoi les nouvelles SCPI ont un avantage

C’est là que ça devient intéressant. Les SCPI créées en 2024 n’ont pas ce problème. Elles achètent leurs premiers immeubles maintenant, à des prix corrigés. Elles profitent de la baisse du marché immobilier pour acquérir des actifs à bon prix.

C’est un peu comme acheter des actions après un krach : tu rentres à un point bas, avec un potentiel de revalorisation important si le marché se redresse.

Ces nouvelles SCPI affichent des rendements cibles de 7 à 8%, là où les anciennes plafonnent souvent à 4 ou 5% (et parfois moins, une fois la baisse des parts prise en compte).

Des stratégies plus ciblées

Les nouvelles SCPI ne se contentent pas d’acheter des bureaux en Île-de-France comme le faisaient les géants historiques. Elles adoptent des stratégies thématiques et géographiques plus pointues.

Certaines se spécialisent dans la logistique, portée par le e-commerce. D’autres ciblent la santé (cliniques, EHPAD, cabinets médicaux), un secteur structurellement en croissance. D’autres encore investissent massivement en Europe du Sud (Espagne, Portugal) où les rendements sont plus attractifs.

Cette diversification thématique permet aux épargnants de construire un portefeuille immobilier plus granulaire, adapté à leurs convictions.

Les pièges à éviter

Attention cependant, toutes les nouvelles SCPI ne se valent pas. Voici ce qu’il faut vérifier avant d’investir.

La société de gestion d’abord. Une nouvelle SCPI portée par une société de gestion expérimentée est plus rassurante qu’une SCPI lancée par un acteur inconnu. Regarde le track record du gérant.

Les frais ensuite. Certaines nouvelles SCPI jouent la carte des frais d’entrée réduits (voire nuls) pour attirer les investisseurs. C’est attractif, mais vérifie que les frais de gestion ne compensent pas.

La collecte enfin. Une SCPI qui collecte trop vite peut avoir du mal à déployer les fonds efficacement. Si l’argent dort trop longtemps avant d’être investi, le rendement en souffre.

Ce que ça change pour toi

Si tu envisages d’investir en SCPI en 2024, la question n’est plus “faut-il investir en SCPI ?” mais “quelle SCPI choisir ?”. Les anciennes SCPI ne sont pas mortes, mais elles traversent une période difficile. Les nouvelles offrent des opportunités intéressantes, à condition de bien les sélectionner.

Dans tous les cas, la SCPI reste un investissement de long terme (8 à 10 ans minimum). Ce n’est pas un produit que tu achètes et que tu revends dans 2 ans. Prends le temps de comparer, de lire les bulletins trimestriels, et si besoin, fais-toi accompagner par un conseiller indépendant.


Un rendez-vous découverte de 30 minutes, offert et sans engagement.

Réserver un créneau