Quel plaisir de te retrouver! J’espère que tu as passé un bel été.
Dans ce numéro, je veux développer un concept qui mérite qu’on s’y arrête: celui de la dette au sein d’une famille.
Car oui, avoir des enfants coûte cher. Mais je te propose de creuser davantage ce point, car je veux élargir cette notion bien au-delà du simple aspect financier.
La dette familiale, kesako?
Considérons la famille comme un système, c’est-à-dire un ensemble d’éléments qui fonctionnent ensemble de façon dépendante et interconnectée.
Les éléments sont toutes les personnes qui font partie de ta famille.
En clair, ton comportement, quel qu’il soit et à tout instant, influence ta famille.
Et ce système, cette “cellule familiale”, est en fait un système de dettes.
Je ne parle pas que d’argent, mais plutôt de tout ce qui est transmis ou donné:
- Les valeurs, la morale et les croyances (dette morale)
- L’amour, le soutien (dette affective)
- L’aide matérielle (dette financière, dont l’argent) et tout le reste
Ces dettes représentent tout ce qu’on échange au sein de notre famille: amour, soutien, ressources, connaissances, temps, énergie. La liste est longue!
Exemple parmi d’autres:
Quand j’ai appris à faire du vélo, mes parents m’ont transmis une compétence (dette morale), du temps et de l’attention (dette affective), et un vélo (dette financière). J’ai donc une dette envers eux.
Concernant la dette morale, c’est certainement la dette la plus importante et subtile, car elle est à la base de ton identité et de ta manière de voir le monde. Quand tu transmets à ton tour ces valeurs à tes enfants ou à ceux qui t’entourent, tu contribues à ce cycle de transmission.
L’équilibre: la clé d’une famille heureuse
Quelque soit la nature de ces dettes (morale, affective ou financière), il doit y avoir un équilibre dans ces dettes pour que la famille soit heureuse.
Dans une fratrie, il faut veiller à équilibrer ces dettes. Car si l’un donne toujours plus que l’autre, ou si les parents donnent toujours à l’un mais pas à l’autre, cela va créer des tensions. (“Mais pourquoi il a un cadeau, et pas moi?”)
Dans un couple, c’est pareil! (“Tu peux mettre la table s’il te plaît?”)
L’équilibre est la recette du bonheur.
Cela ne signifie bien sûr pas que chacun doit contribuer de manière identique, mais plutôt que les contributions de chacun doivent être reconnues et valorisées, et que dans l’ensemble et sur la durée, les contributions sont équilibrées.
Par exemple, si l’un des conjoints gagne plus d’argent mais que l’autre s’occupe davantage des enfants, l’équilibre peut être maintenu si les deux reconnaissent la valeur de la contribution de l’autre.
L’équilibre, ce n’est pas forcément 50/50, c’est plutôt une reconnaissance mutuelle des apports de chacun.
Et cet équilibre peut évoluer dans le temps. Je fais 60/40 puis ça sera 40/60 plus tard.
Le cas des générations différentes
Ce que je trouve incroyable et beau, c’est que la dette familiale se transmet de génération en génération.
Un peu comme un relai 4x100m aux Jeux olympiques.
Tu as une dette envers tes parents parce qu’ils t’ont donné la vie, t’ont élevé, nourri, éducé. C’est clair.
C’est aussi clair que tu seras toujours leur débiteur, et bien sûr tu ne pourras pas les rembourser!
Mais à la place, tu feras la même chose à tes enfants en les élevant, nourrissant et éduquant. Et ce faisant, tu “rembourses” cette dette en faisant ce que tes parents ont fait.
Exemple: si tes parents t’ont payé des études supérieures, tu leur es redevable de cet investissement. Mais au lieu de les rembourser, tu pourras à ton tour payer les études de tes enfants.
En fait, la dette familiale se transmet de génération en génération et c’est pourquoi je dis que la dette, c’est le lien!
Pareil pour les dettes morales, affectives, etc.
Et se couper de sa famille pour x ou y raison “casse” ce lien intergénérationnel.
Conclusion
Être endetté envers ses parents, c’est une belle chose!
Ça signifie qu’ils t’ont beaucoup donné, que ce soit en termes d’amour, d’éducation, de soutien, de valeur ou d’argent.
Et tu peux être fier de transmettre à ton tour à tes enfants.
Et c’est aussi accepter que tes enfants ne te “rembourseront” pas directement tout ce que tu leur donnes. C’est comprendre que tu fais partie d’une chaîne de transmission qui dépasse ta propre existence.