D’où vient la croissance économique
La croissance économique fait partie du vocabulaire courant. La France affiche une croissance de 0,9% pour 2024, les gouvernements se fixent des objectifs ambitieux, mais peu comprennent vraiment d’où elle provient.
Un peu d’histoire
Pendant des millénaires, de la création de l’homme jusqu’au 17e siècle, l’économie mondiale était stagnante. Elle fonctionnait comme un jeu à somme nulle, où les riches s’enrichissaient aux dépens des pauvres par l’esclavage, le servage ou la monarchie.
Mais voilà: depuis environ 250 à 300 ans, un changement radical s’est opéré avec l’émergence d’une économie à somme positive, caractérisée par la croissance économique. C’est une rupture majeure dans l’histoire.
L’origine de la croissance
Si je devais identifier un élément fondamental parmi les multiples facteurs qui l’expliquent, ce serait la protection du droit de propriété.
En clair, tu as le droit de posséder, d’utiliser, de contrôler et de disposer de tes biens sans demander la permission. Cela semble évident aujourd’hui, mais c’était loin d’être le cas avant le 17e siècle.
Cette protection est essentielle car elle encourage l’investissement, la création et l’innovation. Elle garantit que les individus et les entreprises peuvent récolter les bénéfices de leurs efforts et de leur travail. Sans elle, il n’y aurait pas d’incitation à innover et donc peu de croissance réelle.
Les deux visages de la croissance
Il existe deux types de croissance économique, identifiés par les économistes Ricardo et Schumpeter.
La croissance ricardienne repose sur une meilleure utilisation du travail et du capital. Après la Seconde Guerre mondiale, la France devait tout reconstruire, offrant des possibilités infinies d’amélioration de la productivité. C’est la croissance des Trente Glorieuses. Mais une fois que les infrastructures sont créées et les améliorations optimisées, cette croissance s’essouffle.
La croissance schumpétérienne provient de l’invention et l’innovation. Selon Schumpeter, la croissance vient de la “destruction créatrice”: les inventions bouleversent les industries existantes et en ouvrent de nouvelles. L’appareil photo numérique a détruit la photographie argentique. Cette croissance est potentiellement infinie, limitée seulement par la capacité du cerveau humain à résoudre ses problèmes.
Implications pour la croissance future
Avec une croissance ricardienne, c’est l’État qui pilote la croissance en orientant l’épargne vers les projets d’infrastructure. C’est nécessaire dans les phases de reconstruction. La Chine a d’ailleurs su gérer excellemment cette croissance.
Mais une fois épuisée, la croissance schumpétérienne peut prendre le relai si le droit de propriété est préservé. Sans lui, l’innovateur ne peut jouir de son invention et n’aura plus d’incitation à continuer. Thomas Edison n’aurait probablement pas inventé l’ampoule s’il n’avait pas pu créer General Electric et profiter de sa création.
En résumé: dans ce scénario, c’est l’individu qui devient le moteur de la croissance, non l’État.
Rendements 2023 des fonds euros
Presque tous les assureurs ont publié les performances de leur fonds euros pour 2023. On peut en tirer deux conclusions importantes.
Premièrement: les rendements progressent
Les rendements 2023 ont augmenté par rapport à 2022. C’est une bonne nouvelle pour les épargnants après l’année difficile qui a précédé.
Deuxièmement: les disparités persistent
Les rendements varient considérablement selon les assureurs, entre 1,1% et 3,30%. Cette variation reflète des stratégies d’investissement très différentes. Pourquoi une telle différence?
Qu’est-ce qu’un fonds euros?
Les fonds euros sont gérés par des assureurs, qui investissent l’argent des épargnants. L’assureur garantit le capital versé net de frais d’entrée, ce qui en fait un support sécurisé. L’objectif est d’offrir une épargne protégée tout en générant du rendement.
Les fonds euros sont disponibles en assurance-vie et dans les Plans d’épargne retraite (PER).
Composition typique des fonds euros
Bien que chaque assureur soit libre de sa propre allocation, la répartition classique est approximativement:
- 60% d’obligations d’État
- 20% d’obligations d’entreprises
- 10% d’actions
- 10% de placements immobiliers
C’est cette liberté de composition qui explique les différences de performance.
Deux stratégies d’investissement
Les assureurs peuvent adopter une stratégie passive: investir dans des indices boursiers ou des obligations d’État. C’est stable mais moins générateur de rendements élevés.
Ou une stratégie active: sélectionner individuellement les actifs. C’est plus risqué mais offre un potentiel de rendement supérieur.
En 2023, les obligations et les actions ont bien performé, contrairement à l’immobilier. Les assureurs ayant une allocation plus importante en actions et obligations auront donc eu de meilleurs rendements.
Perspectives pour 2024
Les taux 2024 devraient être proches de 2023, peut-être légèrement meilleurs. Beaucoup d’assureurs proposent des offres boostées pour les nouveaux versements: entre 0,5% et 1,5% supplémentaires de rendement garanti, en plus de la performance du fonds euros.
Cela peut valoir le coup si tu as des liquidités à placer à court terme. Assure-toi simplement d’avoir un contrat d’assurance-vie sans frais d’entrée pour maximiser ton rendement.
Marc Sauvage CGP-CIF Édition n°18 - 31 janvier 2024