L’année 2024 touche à sa fin. C’est le moment de faire le point : ton épargne a-t-elle bien travaillé cette année ? Certaines classes d’actifs ont brillé, d’autres ont souffert. Voici le bilan complet.
Les fonds euros : le retour en grâce
Commençons par la star discrète de l’année. Les fonds euros, longtemps méprisés pour leurs rendements anémiques, ont retrouvé des couleurs en 2024. Les meilleurs contrats ont affiché entre 3% et 4% nets, portés par la remontée des taux obligataires.
C’est simple : quand les taux montent, les assureurs achètent des obligations qui rapportent plus. Et comme les fonds euros investissent massivement en obligations, le rendement suit. Pour la première fois depuis des années, le fonds euros fait mieux que l’inflation. Un retour en grâce mérité pour cet actif souvent sous-estimé.
Le Livret A : en perte de vitesse
Le Livret A a terminé l’année à 3%, ce qui reste correct historiquement. Mais avec l’inflation qui se calme et les anticipations de baisse des taux, la tendance est clairement à la baisse pour 2025.
Le Livret A reste utile comme épargne de précaution (l’argent que tu dois pouvoir récupérer demain matin). Mais en tant que placement, il perd de son attrait. Mieux vaut basculer les excédents vers des supports plus dynamiques.
Les actions : une année contrastée
Les actions américaines ont encore dominé en 2024. Le S&P 500 a progressé de plus de 20%, porté par les géants de la tech et l’enthousiasme autour de l’intelligence artificielle.
Le CAC 40 a fait beaucoup moins bien, avec une performance autour de 0 à 2%. La France a souffert de son instabilité politique, de sa dette croissante et d’un environnement économique morose en Europe.
La leçon est claire : la diversification géographique n’est pas un luxe, c’est une nécessité. Si tu étais 100% investi en France, tu as raté l’essentiel de la hausse mondiale.
L’or : la confirmation
L’or a été la grande star de 2024 avec une hausse de près de +40%. Le métal jaune a battu record sur record, porté par trois facteurs structurels.
Premièrement, les banques centrales (Chine, Inde, pays du Golfe) ont acheté massivement. Deuxièmement, les tensions géopolitiques (Ukraine, Moyen-Orient) ont renforcé le statut de valeur refuge. Troisièmement, la dédollarisation progressive pousse de nombreux pays à reconstituer leurs réserves en or plutôt qu’en dollars.
Ce n’est pas un phénomène passager. C’est un mouvement structurel qui devrait continuer.
Le Bitcoin : l’explosion
Avec une performance de +150% en 2024, le Bitcoin a écrasé toutes les autres classes d’actifs. Le cours a dépassé les 100 000 dollars pour la première fois.
Pourquoi un tel boom ? L’adoption institutionnelle s’est accélérée avec le lancement des ETF Bitcoin aux États-Unis. Le halving de mai 2024 a réduit les nouvelles émissions. Et la confiance est revenue après les scandales de 2022-2023, grâce à une régulation plus claire.
Attention cependant : cette performance exceptionnelle s’accompagne d’une volatilité extrême. Le Bitcoin a connu des corrections de -20% en quelques jours avant de repartir. C’est un actif qui ne convient pas à tout le monde.
L’immobilier : le point noir
L’immobilier a été le mauvais élève de 2024. Les prix ont continué de baisser dans la plupart des grandes villes françaises, plombés par des taux de crédit toujours élevés.
Les SCPI anciennes ont particulièrement souffert, avec des baisses de prix de parts allant jusqu’à -15% pour certaines. En revanche, les nouvelles SCPI lancées en 2024 affichent des rendements attractifs (7 à 8%), profitant d’achats à des prix corrigés.
Ce qu’il faut retenir
2024 confirme une tendance de fond : la diversification est la seule stratégie qui fonctionne dans la durée. Les actions américaines, l’or et le Bitcoin ont brillé. Les fonds euros ont surpris. L’immobilier et les actions françaises ont déçu.
Si ton portefeuille était concentré sur un seul type d’actif ou une seule zone géographique, tu as probablement sous-performé. La leçon pour 2025 est simple : diversifie tes classes d’actifs, tes zones géographiques, et tes devises.