Le seul dispositif où l'État vous rend, l'année suivante, plus que ce que vous avez versé. À condition d'en comprendre la mécanique et les risques.
L'État veut soutenir l'économie des DOM-COM (Réunion, Guadeloupe, Martinique, Guyane, Mayotte, Polynésie, Nouvelle-Calédonie). Il récompense les contribuables qui aident une entreprise locale à s'équiper : un camion, une pelleteuse, une machine, un bateau de pêche.
Vous apportez une somme à une société créée pour l'opération (un « monteur » s'en charge). Cette société achète le matériel et le loue 5 ans à une entreprise locale. En échange de votre apport, l'État vous accorde une réduction d'impôt sur le revenu l'année suivante. Cette réduction est supérieure à votre apport : c'est là que se trouve votre gain.
Le gain se lit simplement : la réduction d'impôt divisée par l'apport. Selon le monteur et la période de l'année, l'apport représente entre 85 et 92 % de la réduction obtenue.
Vous ne reverrez jamais votre apport. Ce que vous recevez, c'est de l'impôt en moins. C'est la différence fondamentale avec tout autre placement.
Pas « combien ça rapporte ? » mais « combien d'impôt je vais payer l'an prochain ? ». Le Girardin ne sert que si vous avez un impôt sur le revenu significatif, en pratique au moins 2 500 à 3 000 € par an, et de façon récurrente. Sinon, l'opération n'a aucun sens.
Chaque année, l'ensemble de vos réductions et crédits d'impôt est plafonné. Le Girardin a droit à un plafond majoré, mais il le partage avec vos autres avantages fiscaux. C'est le premier calcul à faire, avant même de parler de rendement.
1. Un plafond général de 10 000 €. Emploi à domicile, garde d'enfants, Pinel, Denormandie, FIP, FCPI, Malraux hors secteur sauvegardé : tous ces avantages se cumulent dans une enveloppe unique de 10 000 € par an et par foyer.
2. Un plafond majoré à 18 000 € pour l'outre-mer et les Sofica. Le Girardin permet de monter jusqu'à 18 000 €, mais ce n'est pas 10 000 + 18 000 : c'est un seul plafond de 18 000 € qui contient aussi vos autres niches.
3. Seuls 44 % de la réduction Girardin comptent. La loi oblige à rétrocéder 56 % de l'avantage à l'entreprise ultramarine (66 % pour les opérations avec agrément, il n'en reste alors que 34 %). Sans autre niche, une réduction de 40 909 € consomme exactement 18 000 € de plafond.
Si les conditions ne sont pas respectées pendant 5 ans, le fisc reprend la réduction d'impôt. Vous auriez alors perdu l'apport et devriez rembourser l'avantage. Ce risque se gère, mais il ne se supprime pas.
Trois questions, réponse immédiate.
1. À la fin des 5 ans, je récupère mon apport.
2. Le Girardin est intéressant même si je paie peu d'impôt.
3. Si l'entreprise d'outre-mer fait faillite en année 2…
Vous financez du matériel pour une entreprise des DOM-COM.
La réduction d'impôt dépasse l'apport, en un an.
Le gain, c'est l'impôt en moins. Pas de capital récupéré.
18 000 € partagés avec vos autres avantages. 44 % de la réduction retenus.
Monteur solide, G3F, SAS, diversification.
Document à vocation pédagogique, ne constitue pas un conseil personnalisé. Le Girardin industriel (article 199 undecies B du CGI) est un investissement à fonds perdus comportant un risque de perte totale de l'apport et de reprise de l'avantage fiscal en cas de non-respect des conditions pendant 5 ans. Dispositif en vigueur jusqu'au 31 décembre 2029. Plafonds et taux de rétrocession en vigueur en 2026. Les rentabilités citées sont indicatives et varient selon les opérations. Avant toute décision, faites le point sur votre situation avec un conseiller.
Trente minutes en visio, offertes et sans engagement, avec Marc Sauvage, conseiller en gestion de patrimoine.
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